Biographie

L’art occupe une place centrale dans la vie d’Émilie Leblanc Kromberg, artiste multidisciplinaire canadienne originaire de Carleton-sur-Mer, Québec. Diplômée en joaillerie de l’École des métiers du Sud-Ouest-de-Montréal en 2006, elle fonde en 2010 l'entreprise élk joaillerie. Ses études en beaux-arts à l’AKI Academy of Art & Design aux Pays-Bas en 2019 ont contribué à développer une approche artistique plus conceptuelle. L’artiste primée concentre principalement son travail sur le lien entre les objets et la mémoire. Aujourd’hui installée à Nelson, Colombie-Britannique, Émilie Leblanc Kromberg s’implique dans sa communauté en animant des ateliers d’art, siégeant au conseil du Oxygen Art Centre et participant à divers projets et expositions. Elle s’intéresse également aux résidences artistiques, lieux idéaux pour nourrir sa créativité.

Démarche Artist

Ma pratique explore comment l'interpretation, la mémoire et l’identité se transforment à travers la mutation des matériaux, la répétition et la disparition. Travaillant à travers la sculpture, l’installation, l’animation et le son, j’utilise des objets familiers, des images et des souvenirs personnels comme points de départ, que je soumets ensuite à des processus dépouillant leur spécificité au profit d’une reconnaissance collective ou d’une perte graduelle.

Au cœur de mon approche se trouve la traduction des formes à travers les matériaux et les contextes. Qu’il s’agisse de réduire des objets domestiques à des archétypes, de reproduire des images jusqu’à leur dégradation, ou de laisser des œuvres en argile non cuite s’éroder avec le temps, le travail met en évidence la manière dont la répétition, l’exposition et la fragilité des matériaux modifient la perception. Ces processus reflètent la façon dont les souvenirs se forment, se déforment et finissent par s’effacer.

En supprimant permanence et contrôle — par le climat, le toucher, la copie ou l’accumulation — l’œuvre invite le spectateur à rencontrer chaque pièce à un moment différent de sa transformation. La pratique résiste aux récits figés, mettant plutôt l’accent sur l’expérience comme temporaire et contingente. À travers ces œuvres, la mémoire devient à la fois sujet et méthode : quelque chose de construit, partagé, érodé et continuellement reconfiguré par la matière et le temps.